Vieux métiers Cantalous

 

Nom Cantalou Traduction Observations
lou pessaïre le casseur de pierres  
lou cantounhièr le cantonnier  
lou campanièr le sonneur de cloche  
lou cavaire de toumba le fossoyeur  
lou courdièr le cordier  
lou brossièr le brossier  
lou peschaire de teta-sangs le pécheur de sang-sues  
lou touchadoun le toucheur  
lou vigièr le vannier

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lou pastre le berger  
leis boscatièrs les bucherons

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les rassigaïres les scieurs de long

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lou chabrièr le chevrier (en équilibre)

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lou reinal l'autre scieur de long

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leis roulèrs les rouliers transport de marchandises
lou rodièr le charon

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lou savatièr le cordonnier  
lou bourralièr le bourrelier  
lou gerlaïre le boisselier  
l'esclopièr le sabotier

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lou jouguièr le jouguier  
lou clujaïre le pailleur de toits  
lou tiougaïre le couvreur  
lou mouguinhièr, (ou moulinièr) le meunier  
lou faure le maréchal-ferrand  
lou sartre le tailleur d'habits  
lou tailhandier le taillandier  
lou charbounhièr le fabricant de charbon de bois  
lou teissandier le tisserand  
lou petassaïre le rhabilleur

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l'estamaïre l'étameur

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leis gentianaïres les arracheurs de gentiane

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  Les coupeuses de gentiane Photo
lou tuaïre   Photo
     
lou cabretaïre   Photo
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  Les bottiers Photo

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Lou pessaïre, est-il fonctionnaire ? Certes il travaille pour les Ponts et Chaussées et fournit de la caillasse destinée à entretenir les routes nationales et les chemins vicinaux. Son salaire -trois francs par mètre cube- lui permet tout juste de vivre. Il brise les blocs de rocher à l'aide d'une masseta, sorte de marteau à long manche flexible en coudier. Il travaille à genoux sous un abri sommaire : une claie garnie de genêts et inclinée à quarante cinq degrés le protège des intempéries. De curieuses lunettes, dont les montures portent une toile métallique, garantissent ses yeux des éclats de pierre.

 

 
Il émarge au budget municipal et perçoit un salaire de misère. C'est lou cantounhièr de la commune. Son matériel est réduit au minimum : une serfouette et une pelle, une faux et une serpe, enfin une brouette geignant à chaque tour de roue. Cette dernière est est sa compagne fidèle, il ne s'en sépare que pour manger et dormir. Au fil des jours, en revenant à sa chaumine, il charrie toujours quelque chose, de l'herbe pour les lapins ou des glands pour le porc, des fagots de genêts ou de bois mort, des pommes sauvages ou des noix pour fabriquer son vinaigre et son huile de table. Non, il ne maraude pas. Il se contente de glaner. Il en a le droit, puisqu'il est cantonnier. ...

 

 
Qui paie lou cavaïre de toumba (littéralement le creuseur de fosse) ? Il s'en remet à la générosité de la famille en deuil. Quelques sous, pour atteindre la profondeur réglementaire de six pieds, c'est loin d'être une sinécure. Pour compléter ses revenus, l'homme est, en général, lou campanhièr. Personnage aussi important que le curé de la paroisse ! C'est lui qui "pique" sur l'airain les menus faits de la vie campagnarde comme les évènements exeptionnels. Qui peut affirmer que le jour se lèvera, avant la sonnerie du matin ? ...

 

 
Lou courdièr fabrique les cordages de chanvre, lou brossièr des brosses à dents avec les soies de porc. Lou peschaïre de teta-sangs hante les étangs et les marécages, capturant ses proies selon deux techniques. Il retrousse son pantalon au-dessus du genou, quitte ses sabots et entre dans l'eau, où il s'immobilise. Les vers gloutons se plantent sur ses mollets. Il les détache en approchant sa cigarette allumée et les recueille dans un récipient en terre. Ses jambes sont criblées de cicatrices, mais une longue pratique l'a immunisé contre la douleur. S'il est douillet, il dépose de l'eau dans un drap de chanvre préalablement enduit de savon noir. Les sangsues, avides, s'y précipitent. Le produit de cette curieuse pêche est vendu aux pharmacies, en ces temps où la saignée est une panacée. ...

 

 
lou touchadoun, ainsi désigne t'on l'aide-maquignon chargé, à la fin de la foire, de conduire les bêtes vendues à la gare d'embarquement. Il doit d'abord rassembler les animaux effrayés par la cohue et le bruit, puis les calmer, les amaïrar, c'est à dire en faire une troupe la plus homogène possible. Quand la voix s'avère impuissante, quelques solides coups d'aiguillon calment les plus fougueux, et le croc du chien, fidèle compagnon du touchadoun, a tôt fait de ramener les égarés. ...

 

 
Sous les doigts agiles du vigièr, lou vige (l'osier), la vaissa (le noisetier), la jounca (le jonc) s'entrelacent harmonieusement, deviennent chef-d'oeuvre de goût. ... Observons un vannier fabricant un cestoun ( un pannier) en noisetier. Son outillage est réduit à sa plus simple expression : un couteau de poche coupant comme un rasoir. Il faut y ajouter un genou formant support et protégé de la lame tranchante par un vieux chiffon épais, ou deux genoux utilisés comme les machoires d'un étau. ...
 
Les rassigaires. Ils vont par deux, comme les gendarmes. Ils forment, non une paire, mais un couple d'ouvriers, une équipe, dans toute l'acception du terme, avec une communion de mouvements précis, synchrones. Ce sont de véritables athlètes : épaules larges comme un dressoir à vaisselle, buste massif, tel un soufflet de forge, des lombes d'acier et des biceps à rendre jaloux les leveurs de fonte....

Ces rassigaires débitent les billes de bois, dans le sens de la longueur afin d'obtenir selon les cas, des poutres, des madriers, des pannes ou des chevrons, des planches épaisses ou des voliges....

 
Le premier scieur, juché nu-pieds sur le chevalet -la chabra- s'appelle lou chabrièr (le chevrier). Son travail consiste à conserver l'équilibre, remonter la scie et -affaire plus sérieuse- guider le fil de la lame suivant le trait noir q'a laissé sur la bille un cordeau de chanvre préalablement trempé dans une solution d'eau et de cendre de paille, tendu fortement et pincé.
 
Le second s'appelle lou reinal, Est-il plus rusé ? Que non ! La scie ne mords qu'au mouvement descendant et il fournit tout l'effort. Au fur et à mesure qu'il avance vers le chevalet, il doit se courber de plus en plus.Surtout, il reçoit une continuelle pluie de sciure que son chapeau ou son béret ne parviennent pas à combattre avec efficacité. ...
 
Le roulier  Le métier a été longtemps florissant. Ainsi, la bourgade de Riom ès Montagnes, avec ces cent cinquante maisons, compte, au début du siècle [dernier], quarante-huit artisans, dont huit rouliers. Pourcentage étonnant! Que transporte t'on? De la farine, du vin, du bois, du fer en barres, quelques produits d'épicerie, et de rares voyageurs qui ont le plaisir d'apprécier le paysage.

Le véhicule utilisé pour le transport des marchandises est un camion, grand chariot bas,à quatre roues, attelé à trois, parfois cinq, chevaux en flèche. La disposition des animaux varie selo la charge, et surtout le profil de la route....

 
Lou rodièr. -le charron- En dialecte d'oc, ce substantif désigne le fabricant de roues. En français, c'est celui qui construit les chars et les charrettes. Deux hommes en un !
 

 A Murat, signature d'un bail pour une boulangerie à la fin du 19 ème siècle

 

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