Campagne Electorale Cantonale de 1889 dans le Cantal

 

A MM. les Electeurs du canton de St-Mamet

 

Mes Chers Compatriotes,

Je sollicite l'honneur de vous représenter au Conseil général.

Je suis républicain. La République est aujourd'hui la seule forme de gouvernement compatible avec le suffrage universel, avec les aspirations et les mœurs du peuple français.

Le premier devoir de la République est d'être un gouvernement, une force conservatrice et résistante. Ce n'est pas le besoin de libertés nouvelles qui explique le malaise actuel : c'est le besoin d'être gouverné. Aussi, je déplore qu'un soldat indiscipliné, un César déclassé ait pu Si longtemps fomenter l'agitation à Paris et en province.

Je suis partisan de la liberté de conscience et respectueux des droits de tous les citoyens: le maire à la mairie, l'instituteur à l'école, le prêtre à l'église; l'obéissance par tous aux lois de l'État.

Je voudrais qu'on renonçât désormais aux expéditions lointaines et ruineuses, qui apportent le deuil au sein des familles, sans profit appréciable pour la Patrie.

J'émettrais des voeux en faveur de la réduction des gros traitements, de la diminution du nombre des fonctionnaires des Haras, des Forêts, etc; de la suppression des traités de commerce et de l'adoption à l'égard de nos voisins du système protectionniste, dont l'application récente à l'ltalie nous à déjà valu une hausse sur les bestiaux.

Je m'associerais à nos représentants pour demander la péréquation de l'impôt foncier et une réduction sur les taxes qui frappent les matières nécessaires à l'agriculture.

Je voudrais qu'un Congrès international permanent fût organisé pour juger les querelles entre les nations. Ce serait un acheminement vers la suppression des guerres désastreuses et des armées permanentes dont l'entretien ruine actuellement les peuples de l'Europe. En attendant, je suis favorable au service militaire égal pour tous.

Le rôle local du Conseiller général est plus précis, c'est là que son esprit d'initiative et son activité peuvent s'exercer librement

Momentanément éloigné de vous, je ne suis jamais resté étranger aux besoins du canton de St-Mamet. Je crois même qu'à l'heure actuelle  ma situation à Paris me faciliterait, en bien des circonstances, la défense de vos intérêts.         

Plus que tout autre, peut-être, notre canton a besoin de réformes et de progrès.

Ses chemins vicinaux, ses foires, ses services postaux et télégraphiques réclament des améliorations urgentes.

Le service médical et pharmaceutique est à créer.

Tous mes efforts, si j'étais votre élu, tendraient à :

Donner aux bureaux de bienfaisance un fonctionnement plus efficace ; Créer le plus tôt possible un hôpital au centre du canton;

Installer — et je suis en mesure de le faire — un médecin-pharmacien à Marcolès, et un autre à St-Mamet ou à la gare du Rouget pour procurer au public des soins plus prompts et moins onéreux :

Un bureau de poste et télégraphe à Roumégoux ou au Rouget;

Faire rétablir la perception de Roumégoux;

Obtenir de la compagnie d'Orléans une halte à Pers et la réduction du tarif du transport des bestiaux et des principaux produits de nos campagnes.

Je demanderais enfin l'achèvement rapide de notre réseau vicinal, et le développement des comices agricoles.

ÉLECTEURS,

Mon programme peut se résumer ainsi ;

Économie, progrès, paix, liberté pour tous; réduction des impôts; protection des produits français; union de tous les honnêtes gens qui ont à coeur la prospérité de notre cher pays contre les Boulangistes dont le triomphe pourrait amener une révolution, le pire de tous les maux !

Vive le canton de St-Mamet ! Vive la République !

Dr F. DARSES.

Parlan, 6 avril 1889.

  

Aurillac.— Imp. A. BANCAREL et Fils, Avenue de la République.

 

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