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A
MM. les Electeurs du canton de St-Mamet
Mes Chers
Compatriotes,
Je sollicite
l'honneur de vous représenter au Conseil général.
Je suis républicain.
La République est aujourd'hui la seule forme de gouvernement
compatible avec le suffrage universel, avec les aspirations et les
mœurs du peuple français.
Le premier devoir de
la République est d'être un gouvernement, une force conservatrice et
résistante. Ce n'est pas le besoin de libertés nouvelles qui
explique le malaise actuel : c'est le besoin d'être gouverné. Aussi,
je déplore qu'un soldat indiscipliné, un César déclassé ait pu Si
longtemps fomenter l'agitation à Paris et en province.
Je suis partisan de
la liberté de conscience et respectueux des droits de tous les
citoyens: le maire à la mairie, l'instituteur à l'école, le prêtre à
l'église; l'obéissance par tous aux lois de l'État.
Je voudrais qu'on
renonçât désormais aux expéditions lointaines et ruineuses, qui
apportent le deuil au sein des familles, sans profit appréciable
pour la Patrie.
J'émettrais des
voeux en faveur de la réduction des gros traitements, de la
diminution du nombre des fonctionnaires des Haras, des Forêts, etc;
de la suppression des traités de commerce et de l'adoption à l'égard
de nos voisins du système protectionniste, dont l'application
récente à l'ltalie nous à déjà valu une hausse sur les bestiaux.
Je m'associerais à
nos représentants pour demander la péréquation de l'impôt foncier et
une réduction sur les taxes qui frappent les matières nécessaires à
l'agriculture.
Je voudrais qu'un
Congrès international permanent fût organisé pour juger les
querelles entre les nations. Ce serait un acheminement vers la
suppression des guerres désastreuses et des armées permanentes dont
l'entretien ruine actuellement les peuples de l'Europe. En
attendant, je suis favorable au service militaire égal pour tous.
Le rôle local du
Conseiller général est plus précis, c'est là que son esprit
d'initiative et son activité peuvent s'exercer librement
Momentanément
éloigné de vous, je ne suis jamais resté étranger aux besoins du
canton de St-Mamet. Je crois même qu'à l'heure actuelle ma
situation à Paris me faciliterait, en bien des circonstances, la
défense de vos intérêts.
Plus que tout autre,
peut-être, notre canton a besoin de réformes et de progrès.
Ses chemins
vicinaux, ses foires, ses services postaux et télégraphiques
réclament des améliorations urgentes.
Le service médical
et pharmaceutique est à créer.
Tous mes efforts, si
j'étais votre élu, tendraient à :
Donner aux bureaux
de bienfaisance un fonctionnement plus efficace ; Créer le plus tôt
possible un hôpital au centre du canton;
Installer — et je
suis en mesure de le faire — un médecin-pharmacien à Marcolès, et un
autre à St-Mamet ou à la gare du Rouget pour procurer au public des
soins plus prompts et moins onéreux :
Un bureau de poste
et télégraphe à Roumégoux ou au Rouget;
Faire rétablir la
perception de Roumégoux;
Obtenir de la
compagnie d'Orléans une halte à Pers et la réduction du tarif du
transport des bestiaux et des principaux produits de nos campagnes.
Je demanderais enfin
l'achèvement rapide de notre réseau vicinal, et le développement des
comices agricoles.
ÉLECTEURS,
Mon programme peut
se résumer ainsi ;
Économie, progrès,
paix, liberté pour tous; réduction des impôts; protection des
produits français; union de tous les honnêtes gens qui ont à coeur
la prospérité de notre cher pays contre les Boulangistes dont le
triomphe pourrait amener une révolution, le pire de tous les maux !
Vive le canton de
St-Mamet ! Vive la République !
Dr F.
DARSES.
Parlan, 6 avril
1889.
Aurillac.— Imp. A. BANCAREL et Fils, Avenue de la République.
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