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Mission Jedburgh

"Quinine"

Récit d'Arthur BROWN

(Extraits)

 

Hommage aux Maquisards du terrain Chénier,

à leur chef Bernard COURNIL

et aux FFI de la région de la Luzette

 

 

"Témoignage du radio de la mission,

 ouvrage déposé au Musée de la Résistance

15110 -ANTERRIEUX

 et gracieusement mis à disposition"

 

Constituées par le haut commandement allié dés le début 1944 dans le but d'assurer une liaison militaire avec les F.F.I., les 87 équipes Jedburgh (du nom d'un village écossais) étaient formées chacune de 3 hommes : un officier britannique ou américain, un officier français, et un sous-officier radio, le plus souvent anglo-saxon. 62 ont été constituées en Angleterre, 25 en Afrique du Nord.

Tous volontaires, les membres de ces équipes étaient entraînés à toutes les méthodes de la guérilla et de la survie en zone hostile. Ils devaient être parachutés en France en uniforme, afin de pouvoir bénéficier du statut de prisonnier de guerre en cas de capture par l'ennemi (ce statut ne sera d'ailleurs pas toujours respecté par les Allemands). En théorie, chaque équipe devait avoir la responsabilité d'un département et y prendre contact avec les F.F.I. locaux. 

Leur mission était d'abord d'informer Londres de l'état matériel, organisationnel et moral de la Résistance, puis de provoquer les parachutages d'armes nécessaires, et enfin de servir de conseil militaire en matière d'instruction au maniement des armes et de tactique de la guérilla. Leur utilité était de démultiplier les possibilités de transmission radio entre Londres et la métropole, de faire face ainsi aux besoins locaux de la Résistance et, aux yeux des Alliés, de mieux encadrer celle-ci sur le plan militaire. 

En pratique, les Jedburgh ont été envoyés en France en fonction des priorités apparues au fur et à mesure des opérations de l'été 44. Sur les 83 équipes effectivement parachutées (13 en juin, le reste de juillet à septembre), plus d'une dizaine ont été larguées sur la seule Bretagne. Cette zone a été désignée comme prioritaire par le générai Eisenhower dès le 17 juin, sans doute parce que la levée en masse des F.F.I. bretons permettait d'envisager une action d'enca­drement à grande échelle. 

De fait, dans cette région les Jedburgh ont eu un rôle très important, particulièrement dans le parachu­tage d'armement des F.F.I. tout au long de l'été 44, grâce aux liaisons radio dont ils disposaient, alors que les SAS français du commandant Bourgoin se char­geaient plutôt d'encadrer ces maquis dont l'effectif croissait de façon impressionnante. 

Dans le reste de la France, la majorité des Jedburgh ont été larguées sur les régions bordant le massif central, au nord-ouest (Cher, Indre et Vienne) et au nord-est (Nièvre, Saône-et-Loire). Ils ont contribué à l'armement et à l'instruction des F.F.I. qui harcèle­ront, en août et septembre, les forces allemandes du Midi de la France obligées de traverser ces régions pour faire retraite vers l'Est. 

Comme les SAS ou les « operational Groups », les Jedburgh ont dû souvent prendre des initiatives sur le terrain au-delà de leur mission initiale. Certains ont dirigé eux-mêmes des opérations menées par les ma­quis. Surtout, ils ont pu être amenés à assumer, là où cela s'avérait nécessaire, un rôle de coordination et d'arbitre entre tendances de la Résistance, et favorisé leur union dans le combat. 

Les Jedburgh ont joui d'un prestige certain et été écoutés par les résistants, dès lors qu'ils se sont montrés capables de leur fournir les armes tant attendues. 

In cd-rom « La Résistance » Ed. Montparnasse multimédia

  

Le texte intégral est disponible auprès du Musée de la Résistance

Musée de la Résistance d’Anterrieux
Le bourg
15110 ANTERRIEUX

 

 

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