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C’est aux Archives
Départementales que sont conservés les registres d’état civil et les
actes notariés, les documents du clergé et ceux des écoles, des
communes et de la justice, des établissements pénitentiaires et des
travaux publics… Mais aussi les journaux, les photos, les vidéos…
Toute la mémoire de la vie publique et même privée du Cantal se
trouve là.
Antoine de Plaignes St Martin
Valmeroux XVIe siècle
Le désordre de l’Ancien Régime
Avant la Révolution, il était
habituel de confier aux agents le soin de conserver chez eux les
dossiers de l’institution qu’ils servaient. Les papiers restaient
dans les greniers. Ils étaient rarement transmis aux successeurs des
administrateurs royaux. Seuls les notaires, depuis la fin du XVIe
siècle, devaient transmettre leurs minutes à leurs successeurs. Ils
ne le firent pas tous.
La Constituante ordonne de déposer
aux chefs-lieux des districts tous les papiers provenant des
administrations. Le 27 décembre 1792, le conseil du département
enjoint à celui de la commune de Siran d’avoir un « local sûr et
commode pour les archives ». Les transferts se font dans
le plus grand désordre. Le 2 mars 1792, le Directoire de Saint Flour
note « il est impossible de déchiffrer la majeure partie
des titres tant ils sont vieux ». Le 8 novembre 1794, le conseil
du département estime qu’il conviendrait de nommer six préposés au
triage des papiers devenus propriétés nationale. Le 2 avril 1810,
l’annaliste Lakairie note « les papiers sont à la discrétion de
tous ceux qui ont voulu y fouiller. On en trouve dans toutes les
boutiques des épiciers… »
Naissance et
errance des Archives Départementales
En septembre 1811, le préfet,
baron de Lachadenède s’installe dans la nouvelle préfecture.
L’archiviste Henry s’occupe alors de la conservation des documents.
En 1829, monsieur d’Ouvrier, archiviste, est également préposé à la
délivrance de tambours et de casques pour la Garde nationale.
Partout en Europe, sous l’influence des passions nationalistes, se
développe un mouvement en faveur des études historiques. Le préfet
peut écrire en 1836 « il existe maintenant de l’ordre dans les
papiers ». La loi du 10 mai 1838, met à la charge des
conseils généraux la conservation des archives. Le 12 octobre 1840,
Joseph Marie Audin devient le premier conservateur des archives,
toujours situées dans les combles de l’hôtel de la préfecture. Le
local, mal éclairé, est impossible à chauffer. Viennent ensuite
monsieur Dacier, puis Jules Doinel qui deviendra évêque de l’Eglise
gnostique qu’il a fondée. Emile Maupas, qui sera « le prince des
protozoologistes » après 45 ans d’étude des protozoaires. En 1876,
après le bref passage de plusieurs jeunes élèves de l’école des
chartes, Charles Aubépin obtient le transfert des archives dans les
combles du palais de justice, et, peu après, l’aide d’un auxiliaire.
Arrivé en 1868, Roger Grand parvient à faire transférer les archives
dans un local des PTT, à l’angle de la préfecture. Il crée aussi la
société « La Haute Auvergne » qui publie toujours de nombreux
articles. Il deviendra sénateur et membre de l’Institut. En févier
1909, Ernest Delmas, Cantalien, occupe le poste d’archiviste qu’il
gardera quarante ans. Peu après son arrivée en 1949, mademoiselle
Léonce Bouyssou, va pouvoir utiliser le nouveau dépôt, ouvert au
public en 1957, au bas de la rue du 139e RI. Elle
organise l’accueil d’un public de plus en plus nombreux.
Mademoiselle Marion, nommée en 1982, sensibilise l’autorité
départementale, à la nécessité d’aménagements pour faire face aux
besoins de stockage et à la demande du public. Le stockage va
doubler, passant de 9,5 à 19 km linéaires, grâce à une nouvelle
construction élevée de 1987 à 1989.

Les Archives rue du 139e
RI
Quels documents ?
Pour quel public ?
En 2006, Edouard Bouye est à la
tête d’une équipe de 16 personnes qui réceptionnent et trient les
archives publiques et notariales, communales et individuelles. Une
quête incessante de la mémoire du Cantal est menée. C’est une
lessiveuse emplie de registres paroissiaux qui vient d’être
retrouvée à Laurie. Des documents personnels de Teilhard de Chardin
viennent d’être donnés par sa famille à Laveissière de Moissac. Des
documents de l’abbaye Saint Géraud et des registres de justice,
signalés aux puces de Toulouse, viennent d’y être achetés à un
marchand. « Tout nous intéresse » affirme le conservateur
« les documents publics bien sûr, mais aussi familiaux. Les photos,
les films, les livrets militaires et de famille, les lettres
des poilus comme celles des combattants en Algérie, les cassettes
audio comme les actes notariés privés peuvent être copiés puis
rendus à leurs propriétaires ». Des photographies de la plupart
des châteaux cantaliens, réalisées par un instituteur mort depuis
peu, viennent d’enrichir le stock. Les archives sont notre mémoire
commune. De plus en plus de personnes viennent y chercher des
informations. Les visiteurs sont, pour un tiers, en quête de leurs
ancêtres afin de construire leur arbre généalogique. Les élèves des
écoles primaires, collèges et lycées sont guidés par un spécialiste
qui prépare les documents demandés. Dans la toute nouvelle salle
climatisée, les conseillers accueillent les débutants comme les
historiens. Ils favorisent la recherche des journaux et des
registres d’état civil. Ils aident à l’utilisation des ordinateurs
pour la lecture des plans cadastraux. Ils donnent les indications
nécessaires à la découverte des documents et des photos.
Avenir. Internet.
www.cg15.fr/archives. Les registres paroissiaux comme les
fonds des notaires et même les plans cadastraux napoléoniens seront
bientôt accessibles par internet. La numérisation de tout l’état
civil va commencer. Chacun pourra bientôt accéder au fonds
départemental depuis son domicile.
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