Aurillac a grandi vers la gare.

Jean-Claude Champeil



L’inauguration de la gare rassembla toutes les personnalités du département pour une grande fête populaire.


Le 17 octobre 1866, le premier train arrivait en provenance de Figeac
Pour l’inauguration du 11 novembre, le train, parti de Capdenac à 12 h 30 emmenait de nombreuses personnalités. « Il franchit le col du Rouget à 590 m pour traverser la Cère au moyen d’un viaduc d’une nature tellement nouvelle et d’une légèreté si aérienne que nous devons nous y arrêter » rapporte le chroniqueur de la compagnie. Il s’enflamme « les grecs et les romains avaient leurs monuments, le Moyen Age ses cathédrales, nous aussi, nous pourrons dire que nous avons notre architecture non moins hardie et non moins imposante ».
C’est Monsieur de Parieu, vice président du Conseil d’Etat, qui préside les cérémonies. Il est le fils du député maire d’Aurillac. Après la bénédiction et le discours de l’évêque, Mgr de Pompignac, le sénateur baron de Richemont, représentant le conseil d’administration de la compagnie Paris Orléans, salue « ces masses profondes de campagnards descendus des montagnes ». Il ajoute « bientôt vous garderez vos fils et vos filles qui travailleront ici, exportant facilement par le chemin de fer. Trop longtemps ils ont été chercher fortune au loin ».
Ce train, qui permettra aux exilés de revenir voir leur famille, n’enrayera pourtant pas l’exode des cantaliens.
« Toutes les populations du Cantal sont réunies à Aurillac pour l’inauguration de la gare. Les maisons sont pavoisées, la musique s’entend partout comme les détonations de l’artillerie. A six heures du soir un splendide banquet est offert ».
En portant un toast « à leurs Majestés et au Prince Impérial » monsieur de Parieu déclare « nous montrerons les beautés que renferme notre sol. L’intelligence et la volonté des habitants donnent les conditions d’un grand développement ». Le préfet Conrad s’étonne « nous ne serons plus qu’à 6 h de Toulouse et 19 h de la capitale ! Déjà brille l’aurore d’une ère nouvelle ». Il parodie la Marseillaise : « enfants de la Jordanne, saluons avec enthousiasme ces messagers aux ailes de feu, qui vont vivifier nos villes et nos campagnes ».
Gaston Lafaille, cheminot retraité, passionné par tout ce qui a trait à la SNCF dans le Cantal, a retrouvé une étude qui proposait un tracé par Saint Anastasie, Dienne et Mandailles. Une autre envisageait le percement d’un tunnel de 1811 mètres, sous le col Bancarel, pour relier Saint Jacques à Mandailles. La vie des vallées, comme le développement de la ville se auraient été transformées si l’un de ces projets avait été choisi.



  

La gare en 1900


La gare a vu les constructions se multiplier le long des rues qui venaient de la ville.

Construite sur les plans de l’architecte Guérard, la gare n’ouvrait que vers le sud. La ligne de Murat, passant par le Lioran, sera terminée deux ans plus tard même si le viaduc est déjà construit au-dessus des prés. Les travaux de la verrière débuteront en 1909.
L’avenue de la République, ou avenue de la gare, voit naître les petites rues perpendiculaires le long desquelles se serrent les constructions. Les grands espaces vides que créaient les propriétés des couvents, dont les congrégations ont été dissoutes se couvrent de maisons. Apparaissent ainsi la rue des Carmes, Marie Maurel, JB Rames, A. Pinard, Jules Ferry…Pour répondre aux besoins des nouveaux habitants, le conseil municipal vote la création du groupe scolaire du quartier de la gare qui accueillera jusqu’à 200 élèves en 1915.



 Le viaduc

Le développement économique fut accéléré en même temps que les longs voyages devenaient possibles.


Le premier pèlerinage à Lourdes, le 23 juin 1873, emmène 1060 fidèles et 140 prêtres.
La foire de la Saint Urbain du 25 mai 1877, voit transiter 3000 personnes par la gare, alors que 90 wagons à bestiaux sont nécessaires. Pour celle de la Saint Martin, le 14 novembre 1905, il faudra 200 wagons et 4000 voyageurs seront accueillis.
Grâce au train, les lignes d’autobus sont créées pour amener les voyageurs depuis toutes les communes vers les gares.
Le triangle du Cantal est bouclé en 1908 avec les lignes Aurillac-Mauriac-Bort les Orgues et Bort-Allanche Neussargues. Pour le prix d’une journée de travail d’ouvrier, on va d’Aurillac à Bort en deux heures et six heures en diligence, en ce temps où les automobiles roulent à 8 km/h. D’ailleurs en 1903, seules huit autos roulent dans le département.
Le 21 juin 1904, le premier train Bonnet quitte Paris . Louis Bonnet, directeur de l’Auvergnat de Paris, a obtenu 40% de réduction pour les émigrés de la capitale. « quelle ambiance dans les trains Bonnet » souligne la presse de l’époque « les voyageurs sont groupés par direction. Dans le wagon Salers, Vic sur Cère… des cabretaïres animent le voyage qui ne dure que quinze heures ».
Les troupeaux prennent le train pour la transhumance, des wagons de châtaignes quittent Maurs, alors que des chargements de bois partent du Rouget, et, bien sûr, des trains entiers de charbon emportent le charbon des mines de Champagnac.

 



 La loco nommée Cantal



« La dernière loco à vapeur a tombé le feu au début de l’année 1969 ».
En 1911 la SNCF employait 877 cheminots dans le Cantal. En 1922, la période la plus faste pour le dépôt d’Aurillac, on comptait 350 agents, chargés de la maintenance du matériel et de l’administration. Le groupe de pompiers de la gare intervenait aussi pour les incendies en ville. Comme un groupe était toujours de garde, il leur arrivait d’être les premiers sur les feux.
Les paysans, eux aussi, bénéficiaient d’une indemnité lorsqu’ils étaient appelés par les cloches des églises pour assurer le déblaiement des voies enneigées. Le Lioran,« la plus haute gare de France », fut malgré tout bloquée plusieurs jours en 1905 avec cinq mètres de neige.

Si le grand physicien François Arago, devenu député, avait pu dire « deux morceaux de fer mis bout à bout ne changeront rien à la face du monde », c’est Gustave Eiffel qui réalisa en 1882 le viaduc de Garabit, qui avait raison quelques années plus tard en répondant « l’avenir c’est le fer ».
 

 La gare aujourd’hui
 

 
   

Cantalpassion.com

Généalogie

Notre livre d'or

Histoire Locale

Cantal...liens

Contact

   

© CantalPassion-Généalogie 2007