« Ma tré
chère seur et bau fraire, je vous écrist se de mot de letre qui sont
pour vous faire asavoir létat de ma santé laquelle est faur baune
dieu mersi grases a Dieu. Je soite que la votre soit de même, en sît
que celle de tous vos enfans. Votre éloignemans maflige baucoup, mes
jespère que jaure le bauneur de vous voir par vos letre est de vous
entretenir par le miène. Mons dépars vous doit avoir afiizé mes
si avons avet tiré du sagrains nan tire plus je vous en pris fort.
Je suis bien avec le garsont donc je suit le parti; setet une de me
conesense, donc il mestime, il meme comme il ne peut pas plus. Bien
ne me manqué pas et je suit bien estimé de tous le monde. Je vous
pris ma sœur de vouloir bien me faire paser mon extre de batême
parce qu'il veut mépouze. Il voule biens mépouze avant que de partir
d'Aurillac, me se parens ne le voules pas... Ne tire point peine de
moi, je gagne bien ma vie a blanci, j'ai tous les aufisie
pour blanci. Je vous prie de ne me pas laise lontans dans la
langison car je ne sere pas tranquille jusqua ce que je recu de vos
nouvelle. Vous aves bien de complimans de mon amoureux Lagrenade, il
vous prie de faire de sa pars a mon bau fraire réponse au plutot
qu'il vous sera possible. Vous adresere votre réponse a ses adrese
à pierre Tautal, volontere de la troisième compagnie du départemans
du Cantal en garnisont a Carcasone en Languedoc.»
(A. D.
Minutes Delsuc).