Allocution de Bernard COURNIL à Parlan en 1944

 

Mesdames,
Mesdemoiselles, Chers Camarades,
 

Le GENERAL de GAULLE disait le 15 Novembre 1941 : " Le voyageur qui gravit la montée s'arrête parfois quelques instants pour mesurer le chemin s'oriente vers le but."
 

Aussi, avons-nous jugé bon de nous rassembler aujourd'hui, pour nous réconforter nous-mêmes et nous affermir sur le dur chemin pour la lutte de la Patrie.
 

Ce que nous étions dans la Résistances ?

 Des Français de toute origine,. de toute condition, de toute opinion qui avaient décidé de s'unir dans la lutte pour notre pays.
Tous, l''ont fait volontairement, purement et simplement.

Chacun de nous est seul à connaître dans le secret de son coeur, ce qu'il lui en a coûté.
 

Pour la première fois, je peux enfin, au grand jour, me trouver parmi vous et vous entretenir amicalement, de ce que fut notre action pendant ces années écoulées.


Il y a bien longtemps déjà, avec nos
amis MAROCQ,  LABROUSSE et plus tard MAZIERES
nous avons organisé la résistance dans votre commune, dans votre canton.


C'était une oeuvre lente et délicate, pleine de dangers.


Grâce à votre collaboration, grâce à la sympathie agissante de tous, le Centre de PARLAN était un centre d'accueil où combien de nos amis traqués venaient se retremper pour repartir ensuite vers le danger.
Je ne sais encore comment vous en remercier.

Notre premier Maquis, d'abord au PUECH, la LUZETTE, FOMBELLE, ensuite au SARGAYOL,  n'a pu vivre, se défendre, assurer la garde du terrain de parachutage, que grâce aux efforts, au soutien de Georges MARTINET et de la famille COURDIER et de toute la population
Quant aux armes, sans souci du danger, PRUNET de MOURANDEL, OLS de JOLHIAC avec tant d'autres, que nous connaissons tous, les cachaient. On sait pourtant ce qu'ils risquaient
Découverts, c'était le poteau. !


Et l'hôtel TOYRE, dit des Parachutistes, connu de tous les résistants du Sud de la France et de tous ceux qui nous tombaient du ciel pour nous apporter conseil, plan et aide matérielle.


Pendant des années, aux premières heures de la Résistance, nous songions aux chances que nous avions de revoir un jour ces heures grisantes :
" Pouvoir dire haut et fort nos aspirations et nos désirs".
Une république populaire où le peuple de France sera maitre de sa destinée.,C'est cela."
" Ces lendemains qui chantent" pour lesquels tous unis nous lutterons jusqu'au bout.
 

Combattre, produire, épurer, ces trois problèmes sont liés.
La France ne reprendra sa place que si elle combat.
Elle ne pourra se battre, que si elle travaille.


Pendant que nos armées se battent, on doit pourchasser à l'intérieur ceux qui la trahissent, pour assurer ainsi une victoire totale, une victoire complète.

Il faut que l'égoïsme individuel disparaisse. Rassemblons-nous en rangs serrés, prolongement de la résistance. Réalisons cette union qui nous rendra plus fort. " Il faut savoir tout donner, pour tout sauver".
Nous regarderons l'avenir la tête haute et le regard droit.

 J'adresse un salut fraternel à nos  prisonniers, nos déportés, à nos jeunes camarades qui luttent encore pour libérer las derniers .lambeaux de la terre de France souillée par .e boche assassin.


Dans la résistance, nous avons travaillé pour raccourcir la guerre. Les guérillas, les sabotages, ont désorganisé les moyens le communication de l'ennemi.


Je vous demande encore une fois, pour gagner la paix, de vous unir.

Je fais encore appel à l'union dans la discipline.


Groupons-nous dans un mouvement de masse, mouvement groupant les partis sains, sans aucune distinction de croyance, d'opinion, de race dans le Mouvement de Libération Nationale,
 

 

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