|
JOLY (Marie, Valentin, Théodule, dit Antony)
Né le 15 novembre 1884 à Ay-en-Champagne
(Marne)
Décédé le 10 janvier 1959 à Aurillac (Cantal)
Maire d'Aurillac de 1941 à 1944
Député du Cantal de 1954 à 1956
La vie d'Antony Joly est celle d'un chef
d'entreprise dans le textile qui s'est tardivement consacré à une
carrière d'homme politique local, débutée en 1936 presque malgré
lui, et qui le conduira également, pour un an et demi, à assumer des
fonctions nationales au Palais Bourbon.
Né en 1884 à Ay-en-Champagne dans la Marne,
d'une mère belge et d'un père champenois et négociant en vin de
champagne, Antony Joly ne fait pas d'études supérieures mais se
consacre aux métiers de la confection en tant que commerçant. Ce qui
le conduira plus tard à créer et diriger une petite entreprise, les
" Vêtements Joly ". Mobilisé pour la guerre de 1914-1918, il combat
et reçoit la Croix de guerre. Les années passent, et Antony Joly
consacre une partie de son temps au mouvement indépendant et paysan.
Puis c'est l'enchaînement.
En effet, à l'âge de cinquante-deux ans, il se
laissa inscrire pour les élections municipales d'Aurillac sur la
liste Radicale-socialiste-Union des commerçants et industriels du
Cantal. Cette liste, conduite par le maire sortant Louis Dauzier,
était confrontée à l'extrême-droite et surtout aux socialistes dont
la tête de liste était Maurice Deixonne (qui sera plus tard
président du groupe parlementaire socialiste). Antony Joly devient
conseiller municipal, puis deuxième adjoint au maire, le docteur
Chanal. En 1941, il est nommé maire par le gouvernement de Vichy et
le reste jusqu'en 1944.
Trois ans plus tard, lors des élections
municipales, il se présente sur la liste des indépendants et rentre
de nouveau à la mairie - il accède en 1948 au poste de deuxième
adjoint. Henri Tricot (père de Bernard Tricot), alors maire, lui
rendit un public et courageux hommage en reconnaissant sans détours
qu'on n'avait pas toujours jugé comme il avait fallu l'attitude
d'Antony Joly pendant l'occupation. Aux élections municipales du 29
avril 1953, Antony Joly est réélu conseiller municipal avec un grand
nombre de suffrages, et devient premier adjoint.
Entre-temps, il a été élu aux élections
cantonales du 27 mars 1949 dans le canton d'Aurillac-sud, pour
succéder à Henri Tricot. L'assemblée départementale le désigne
premier vice-président, et président de la commission des finances.
Le 25 juin 1954, le décès du député et maire
de Saint-Flour Alphonse Dommergue après une longue maladie aboutit à
une élection législative partielle pour laquelle les Indépendants et
paysans investissent Antony Joly. Le 29 août, il est en tête de ce
scrutin avec 11 348 des 52 476 suffrages ; et le 12 septembre 1954,
au deuxième tour, il sort victorieux de ce scrutin, avec 36,32% des
60 949 suffrages exprimés, devant trois adversaires de force égale
(21%) : un socialiste, un gaulliste et un communiste.
A la Chambre, Antony Joly est nommé membre de
la Commission des affaires économiques le 18 janvier 1955. Si son
séjour trop bref ne lui permit pas de déposer de texte, il
intervient le 26 novembre 1954 pour défendre son amendement
concernant l'amélioration des techniques et l'écoulement des
productions dans le domaine agricole.
Le 12 octobre 1954, Antony Joly vote en faveur
des accords de Londres qui mettent un terme à l'occupation de
l'Allemagne, mais il s'abstient volontairement lors du vote sur les
accords de Paris le 29 décembre suivant, qui permettent le
réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN. Il accorde sa
confiance à Edgar Faure en février 1955, et le soutient encore lors
de la chute de son cabinet, le 29 novembre 1955. Aux élections de
1956, résultant indirectement de ce dernier vote, il ne sollicite
pas le renouvellement de son mandat.
Antony Joly regagne donc Aurillac dont il est,
depuis 1947, président du tribunal de commerce. Il est à ce titre le
premier cantalien à recevoir la croix d'officier du mérite
commercial en 1957.
Il y décède deux ans plus tard, le 10 janvier
1959, à l'âge 74 ans.
|