| Aéronautique &
Aviation dans le Cantal avant 1914 |
LES MONTGOLFIERES
Un précurseur : Dès 1784, soit 10 mois seulement après l'envol du
premier engin des frères Montgolfier (4 Juin 1783), les Aurillacois
ont pu admirer le départ des deux ballons de l'abbé Louis MURAT !
L'abbé Louis Murat était un enfant de la Ville d'Aurillac, où son
père exerçait la profession de maréchal. Professeur de 4è au
Collège, il fut désigné en 1782 -comme régent de la classe de 3e,
poste qu'il occupait encore à la Révolution. Tout en enseignant les
belles lettres, ses goûts personnels le portèrent à étudier les
sciences exactes. Il fit d'abord des essais de ballon aérostatique
dans la cour du Collège, puis le 12 Mars 1784 après-midi, sur le
foirail de cette ville
(1),
près du Couvent des Cordeliers a été lancé un ballon de papier formé
de deux pyramides quadrangulaires tronquées, l'ouverture inférieure
étant de 4 pieds carrés. La hauteur de l'aérostat était de 8 Pieds
et demi. Des 4 angles partaient des fils de fer qui portaient un
réchaud rempli de papier imbibé d'huile, auquel on mit le feu
aussitôt que le ballon parut suffisamment rempli de gaz. Il monta
rapidement, un peu incliné, se redressa quand il fut parvenu à la
hauteur d'environ 300 toises, et monta si haut qu'il ne paraissait
pas plus grand qu'un oeuf de poule. Il tomba à Massigoux, à une
demi-lieue.
Immédiatement après, le sieur Abbé Murat a lancé un ballon. Cet
aérostat était de même forme et matière, et rempli comme le ter d'un
gaz, mais ayant 600 pieds cubes. Il s'est élevé en droite ligne à la
hauteur de 600 toises, et il est allé tomber près de l'Hôtel de
Ville".
(2)
Grisé par le succès, l'Abbé Murat distribue un prospectus pour une
souscription de 2438 livres, afin de fabriquer un aérostat sphérique
de 45 pieds de diamètre, en toile, pouvant enlever un poids de 1 864
livres ! et prétendant "le diriger à volonté même contre le vent".
Il prévoit 300 livres pour "les machines et ressorts propres à
diriger le ballon".
Mais la souscription ne fut point remplie.
(3)
LES BALLONS LIBRES
Je n'ai pu recenser tous les ballons qui ont survolé le Cantal. En
voici quelques-uns signalés dans les journaux :
AURILLAC : Pour fêter les nombreux succès des cycles "GLADIATOR", la
maison Siquier à l'honneur d'informer le public qu'il sera procédé
Dimanche 30 Juillet 1899 à 7 heures et demie du soir au lancement
d'un superbe ballon de 5 mètres de hauteur "Le Gladiator", construit
par Mr Arnouil, mécanicien de la maison. Le départ aura lieu Place
du Palais non loin de la statue des Droits de l'Homme.
MONTMURAT : Ce matin, Mardi 7 Novembre 1899, il a été aperçu à une
grande hauteur, un magnifique ballon semblant venir du côté de
Rodez, et se dirigeant vers Mauriac. On distingue parfaitement la
nacelle. D'où venait cet aérostat ?
- Mardi soir, un aérostat monté par un lieutnant du 2e régiment du
génie a atterri près de Bourbon-l'Archambault (Allier). Parti de
Montpellier la veille, à 2 heures du soir, il est tombé Mardi à 4
Heures de l'après-midi, après avoir franchi plus de 450 Km.
MAURIAC : 2 aéronautes bien
connus, MM. de la VAUX et HERVE partis Lundi soir 27 Octobre 1902 de
Paris, ont atterri sans accident près de MAURIAC Mardi après-midi à
2 heures. Le ballon "L'AEROPLANE II", cubant 1500 m3, a suivi la
direction nord-sud et a dû franchir le massif des Monts-Dore à une
altitude de 3400 m au moins. Ils ont jeté l'ancre dans un pré, près
de la ferme de Reyt, ont dégonflé l'aérostat, et chargeant tout
l'attirail sur un char à boeufs, l'ont fait conduire à la gare de
Mauriac, d'où ils sont repartis pour Paris.
AURILLAC : Le ballon "LE
FETICHE", qui rata l'ascenssion le 14 Juillet (pour la fête de
l'inauguration du monument aux morts de la guerre 1870-71), est
parti dimanche 19 Juillet 1903, et est allé tomber à Gourdièges,
Canton de Pierrefort, sans accident pour l'aéronaute M. CORMIER.
ST-MARTIN-CANTALES
: Un superbe ballon, parti de BORDEAUX, Lundi 1er Juillet 1907 dans
la soirée, a atterri au pont du Rouffet. Il était monté par 3
personnes dont une dame. Le cantonnier Maurisanne a aidé à
l'atterrissage en amenant l'aérostat au milieu
d'un champ. Le dégonflement opéré aussitôt, les navigateurs aériens
firent transporter leur matériel, du poids de 500 kg, à la gare de
St-Illide, où ils ont pris le train pour Bordeaux.
AYRENS : La commission sportive
de l'Aéro-Club de France vient de terminer le classement du concours
de distance du 16 Mai 1908, pour ballons petits cubes. Mr François
PEYREY, dont le ballon "INCH-ALLAH" est descendu à AYRENS, soit à
430 Km 756 de Paris, a obtenu le 2e prix. Il était monté par 2
passagers qui ont débarqué sains et saufs. Après avoir fait
constater l'heure de leur arrivée, ils se sont embarqués avec leur
ballon à la Gare de Nieudan-St-Victor.
SAINT-FLOUR : Dimanche 24 Mai
1908, un ballon sphérique, "Archimède", jaugeant 900 m3,
atterrissait aux environs de la ferme de Montagut près de St-Flour.
Les 2 pilotes, MM. Georges BLANCHET et GILBERT, des voisins, étaient
partis du parc de st-Cloud la veille au soir. Ils participaient à la
course de distance organisée par l'Aéro-Club de France. Le ballon
dégonflé et la nacelle, le tout formant un poids de 350 Kg, ont été
transportés à la gare pour être expédiés à Paris.
SAIGNES : Mardi dernier 13
Juillet 1909, de grandmatin, un Monsieur fatigué, transi de froid,
se présentait à l'hôtel B... et demandait une tasse de lait très
chaud. Parti la veille, en ballon, de la Châtre (Indre), il avait
atterri à 1500 m environ du bourg de Saignes. Un peu inquiet, il
appela au secours.
Seuls quelques ruminants, parqués tout à côté, répondirent à son
appel. Notre infortuné voyageur dut passer le restant de la nuit
piteusement blotti au fond de sa nacelle. Après avoir soigneusement
lesté et l'estomac et le ballon, il reprit le chemin des airs, en
présence d'un grand nombre de curieux qui lui souhaitèrent bon
voyage...
... jusqu'à PAILHEROLS
: Un ballon a atterri près des bois de Vareilles. L'aéronaute qui le
montait était originaire du Cher. Il était parti Lundi vers les 3
heures, et était enchanté de son voyage.
SAINT-FLOUR : Au cours de la
fête organisée pour l'inauguration de la ligne de St-Flour -
Brioude, Lundi 11 Juillet 1910, sur la Place de la Rivière,
ascension du ballon "La Ville de St-Flour" monté par le capitaine
Raoul Pitault.
AURILLAC : Fête du 14 Juillet
1911. RALLYE-BALLON cyclopédestre, organisé par Mr Plat, avec le
concours du "Vélo Montagnard". Place Gerbert se trouvait le ballon
du "Petit Journal", dont le gonflement avait été plat commencé dès 6
heures du matin. Ce ballon mesurait 1800 m3. Il avait comme
Chef-Pilote M. Paul LEPRINCE, de l'Aéro-Club de France, et comme
Aide-Pilote M. Lacoste, Mécanicien. 2 Lieutenants du 139e R.I., MM.
de Perseval et Michaud les accompagnaient. Le départ fut réellement
impressionnant. Le ballon prit aussitôt la direction du Puy Courny
que la foule avait envahi pour suivre le ballon dans sa course.
Celui-ci tombait vers 5 heures et demie au village de Cols, commune
de Junhac, à 30 Kms d'Aurillac, où ne tardaient pas à arriver ceux
de nos compatriotes qui l'avaient suivi en automobile.
MAURS : Le voyage en ballon de
"La Ville de Decazeville-, lancé le jour de la fête, s'est effectué
sans gros incidents. Les aéronautes ont pu atterrir dans le Cantal,
aux environs de Maurs, près d'une ferme isolée, dans laquelle ils
ont trouvé une accueillante hospitalité. Après avoir transporté leur
ballon en gare de Maurs, les aéronautes sont revenus à Decazeville,
mardi 16 Septembre 1913, pour regagner Paris le soir par le train.
AURILLAC : Le 14 Juillet 1914, à
5 heures exactement, sur la Place Gerbert, un superbe ballon monté
par Mr LASSAGNE et Cie (aérostation et aviation), accompagné d'un de
ses aides, s'est élevé, majestueux. Des cris d'admiration étaient
poussés par des milliers de spectateurs massés sur la promenade du
Gravier, le Champ de Foire et jusque sur les hauteurs du Bois de
Fage. L'atterrisage eut lieu à Nozerolles, après unepromenade aérienne d'une demi-heure environ. Les
aéronautes laissèrent souvent tomber des petits drapeaux tricolores,
et un parachute d'assez grande dimension, à la base duquel se
trouvait suspendu un mannequin, partit également de la nacelle, et
descendit lentement au dessus du Champ de Foire.

Et maintenant, à l'année prochaine !
Il n'existe pas pour le Cantal de Cartes Postales représentant des
ballons, si recherchées par les collectionneurs, seulement des
photos, non datées, de M. PARRY (photographe Av. de la République à
Aurillac) représentant les préparatifs et l'envol d'un sphérique,
place Gerbert. Des recherches à faire...
Travaux recueillis dans les journaux locaux (
"Indépendant du Cantal", "Cantal Républicain" & "Avenir du Cantal"
-Cotes J10 & J14 aux A.D. 15) commentés par
Germain POUGET en
Septembre 1987
(1) Le foirail
emplacement du Square actuel Retour Texte
(2) Hôtel de Ville La Maison Consulaire
Retour Texte
(3) Extrait d'un article de Jean Delmas,
RRA 1910, 16511 7 4. Retour Texte
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