Depuis le mois de janvier 1933 Adolph Hitler est le chancelier du
Reich allemand. Il devient Chef de l'Etat en 1934, à la mort du
président Hindenburg. Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la
Pologne. Le 2 septembre la mobilisation générale est décrétée en
France. La deuxième guerre mondiale commence.
L'effondrement militaire français de juin 1940 entraîne la chute de
la 3ème République. En juin 1940, le Maréchal Pétain devient Chef de
l'Etat français et entreprend un bouleversement complet des institutions
: c'est la révolution nationale
Puis Pétain demande à l'Etat allemand la signature d'un cessez le
feu.
Le 22 juin, l'armistice franco-allemand est signé à Rethondes dans
l'Oise. En 1942, le gouvernement français qui collabore avec l'Etat
nazi instaure le service du travail obligatoire (STO) afin de répondre
aux exigences allemandes en matière de main d'oeuvre.
En février 1943, le STO concerne tous les hommes nés en 1920, 1921
et 1922. Mais beaucoup d'entre eux refusent de travailler pour
l'ennemi. Alors pour échapper à la police qui les recherche, ils
vont vivre clandestinement. Certains rejoignent les maquis qui
commencent à se former. Ces hommes qui se soustraient illégalement
au STO sont appelés des réfractaires.
…du Cantal
En mai et juin 1940, c'est l'exode. Plus de 63 000 réfugiés venant
des départements du nord et de Paris arrivent dans le Cantal.
Le département compte également environ 7000 soldats prisonniers de
guerre en Allemagne. En juillet, le cantalien Maurice Montel est
l'un des 80 parlementaires qui refusent de voter les pleins pouvoirs
au Maréchal Pétain.
En septembre, le rationnement des principales denrées alimentaires
est mis en place.
En février 1942, a lieu le premier contact entre des Cantaliens et
le mouvement de Résistance Franc-Tireur
Peu à peu, les actes de résistance se multiplient. En novembre de
nombreux contingents allemands arrivent dans le département. Des
soldats nazis s'installent à Aurillac.
En novembre et décembre, avec « la relève », on assiste aux premiers
départs de travailleurs français en Allemagne.
En mars 1943, les trois mouvements de Résistance, Combat,
Franc-Tireur et Libération fusionnent et deviennent les M.U.R. «
Mouvements Unis de Résistance ».
De Janvier à juin, le Service du travail obligatoire (STO) contraint
de nombreux jeunes Cantaliens à partir en Allemagne.
En mars-avril, les deux premiers maquis cantaliens s'organisent.
A partir du mois de mai, les manifestations de résistance deviennent
presque quotidiennes. Entre juillet et octobre de nouveaux maquis se
mettent en place.
Le 11 février 1944, des responsables régionaux de la Résistance
visitent le site du Mont Mouchet en Margeride où vont s'installer,
en avril, les premiers maquisards.
Le 2 mai, le comité régional de libération réuni en Haute Loire,
décide la concentration du Mont Mouchet.
Le 10, l'ordre est donné de se mobiliser vers les réduits (Mont
Mouchet, La Truyère, Le Lioran). Du 9 au 11 mai l'implantation
allemande se renforce à Aurillac, à Saint-Flour et Mauriac.
Fin mai, début juin, l'ordre de mobilisation est appliqué dans le
Cantal et le Puy de Dôme, d'où vont partir d'importants groupes de
résistants en direction des réduits.
Le 8 juin, au cours d'une réunion à Clermont Ferrand, l'état major
allemand décide de déclencher une opération dans la région du Mont
Mouchet afin d'y détruire les bandes qui s'y sont récemment
implantées.
Les 2, 10 et 11 juin, c'est la bataille du Mont Mouchet.
Puis, les hommes du réduit du Mont Mouchet se replient nombreux sur
le réduit de la Truyère attaqué à son tour le 20 juin. Du 26 juin
au 2 juillet, les Allemands ratissent la zone située entre Condat,
Riom, Bort et Saint Genès.
Du 25 juin au 10 ,juillet, les maquisards se replient vers l'Ouest
du Cantal.
Le 13 juillet, à Mauriac, l'unité de commandement est réalisée entre
l'Armée Secrète (AS), l'Organisation de la Résistance de l'Armée (ORA)
les Francs Tireurs et Partisans (FTP) et les Forces Françaises de
l'Intérieur (FFI). Du 14 au 25 juillet, la résistance se réorganise,
et à partir du 29 le Comité Départemental de Libération (CDL) se
réunit chaque jour à Mauriac. Peu à peu, le département passe aux
mains des résistants.
Le 10 août, les Allemands évacuent Aurillac. Entre le 12 août et le
3 septembre, le CDL et le nouveau préfet de la résistance
s'installent à Aurillac.
Le 24, les Allemands évacuent Saint-Flour.
A Clavières
Un poste de commandement allemand, avec une soixantaine de membres
de la Gestapo et de la Feldgendarmerie, arrive à Saint-Flour, le 9
juin après midi. Des résistants remarquent cette installation, ainsi
que la montée vers la Margeride de nombreuses colonnes motorisées
ennemies. Alors, ils donnent l'alerte aux 15 compagnies du réduit du
Mont Mouchet, regroupées en 4 bataillons.
Le 10 juin, vers midi, l'opération commence. Vers 13 heures, les
Allemands en provenance de Saint Flour arrivent à
Ruynes-en-Margeride. Le bourg est aussitôt occupé, les maisons
fouillées, certaines incendiées. Des habitants sont abattus tandis
que seize autres sont rassemblés, conduits dans un chemin et
fusillés. Plus tard, 26 victimes dont une femme et un enfant, vont
être retrouvées.
Puis, la colonne allemande repart vers l'Est et sur son passage
incendie plusieurs villages.
Vers 15 heures, le combat s'engage près de Clavières entre soldats
allemands et maquisards. La majorité des habitants de la commune a
déjà pris la fuite. Mais le maire, François Broncy, lui, est resté.
Et c'est ceint de son écharpe tricolore d'élu, qu'il s'avance vers
l'ennemi pour négocier avec lui. A partir de ce moment, on ignore ce
qui va lui arriver. Mais son corps n'a jamais été retrouvé.
La 4ème compagnie tient Clavières, se bat courageusement malgré
l'inexpérience de ses hommes. Elle arrive un moment à contenir l'adversaire
avant qu'il ne mette le feu à une vingtaine de maisons, tue cinq
personnes et en blesse quatre. Un détachement allemand, qui avait
opéré un large détour par le nord en sortant de Ruynes et avait
incendié le Morle, Trailus, Masset, se heurte à la 5ème compagnie,
la bat et parvient à Clavières.
Le bourg est désormais complètement occupé. En continuant leur
cheminement, les Allemands se trouvent face à la 9ème compagnie.
Après un bref échange de coups de feu, les soldats nazis renoncent à
poursuivre leur avancée. Plus au sud, certains de leurs camarades
incendient Lagrane, les Chazes, puis La Laubie et s'opposent à la
3ème compagnie.
Vers 21 heures, les assaillants se replient sur Ruynes-en-Margeride
et Saint-Flour.
Les compagnies essaient alors de se regrouper. Le commandement, lui,
tente d'obtenir du renfort auprès du réduit de la Truyère. Deux compagnies, la 26ème et la 27ème récemment équipées et organisées,
en partent, et sont transportées de nuit à Chaliers d'où elles
gagnent à pied Clavières pour la première et Lorcières pour la
seconde.
L'alerte a été chaude à la maison forestière du Mont Mouchet. Aussi,
face à la menace qui pèse sur le poste de commandement, les
responsables décident rapidement, en début de nuit, de le déplacer.
Puis finalement, dans la nuit, ils donnent l'ordre d'évacuer et de
se replier vers la Truyère.
Le 11, vers 7 heures, la 26ème compagnie arrive à Clavières,
abandonné par les Allemands. Elle recueille quelques blessés et
organise rapidement un dispositif permettant de parer à un retour
prévisible de l'adversaire. En fin de matinée, les Allemands
reviennent et déclenchent une violente attaque.
Le combat est vif. Vers 13 heures, la 26ème compagnie est obligée
d'évacuer le bourg.
A 14 heures, Clavières est aux mains de l'ennemi qui achève les
blessés et incendie les maisons encore debout. La colonne reprend
son avancée vers le Mont Mouchet. Elle affronte au passage les 3ème
et 9ème compagnies qui s'efforcent de lui résister jusqu'au moment
où elles reçoivent l'ordre de décrocher.

O.N.A.C. Service départemental du Cantal
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